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Posted on May 16, 2009

Estrosi : "Si Peillon fait du canoë en Ardèche, c'est de ma faute"

Estrosi : "Si Peillon fait du canoë en Ardèche, c'est de ma faute"

Vendredi 15 mai, à Sassenage, la tête de liste UMP Françoise Grossetête, députée européen, donnait un meeting pour s’assurer le soutien des militants. Dans sa manche: Christian Estrosi, député-maire de Nice.



Les tempes grises, les crânes dégarnies et les reflets d’argent remplissaient une petite moitié du Théâtre en Rond. Un viel homme assoupi faisait acte de présence au dernier rang. Bref, l’audience toute acquise à la liste de Mme Grossetête portait en elle les stigmates du temps qui passe… Seuls 25 "jeunes Pop’" rabaissaient considérablement l’âge moyen de l’auditoire.

Dans le rôle des chauffeurs de salle, notamment, la Grenobloise Pascale Modelski, présente sur la liste. Puis Max Micoud, histoire d'attaquer Vincent Peillon, dans le genre caricature à gros traits : "Françoise Grossetête n’est pas une sous-marque de Ségolène". Assez pour réveiller notre vieil homme fatigué.

Grossetête : "Il faut remettre du politique dans l’Europe"

Vint enfin le tour de parole de la tête de liste qui, d'entrée, insistait sur le caractère fédérateur de son équipe : l’UMP bien sûr mais aussi "nos amis du Nouveau centre, du Parti radical et de la Gauche moderne". Elle rappelait avec soin son expérience, ses 15 ans au Parlement européen. Puis confessait les inquiétudes qui l’ont traversées : "Je me suis parfois demandé ce que devient la France dans la construction européenne. Et ce, jusqu’à la présidence française de l’Union (...) Nicolas Sarkozy a fait la démonstration qu’une Europe politique peut exister (...) Il faut remettre du politique dans l’Europe". Et d’ajouter: "On sait que ça peut se faire. Ça peut marcher. C’est que nous ont démontré la résolution du conflit en Ossétie du Sud ou encore la mise en place du G 20 faisant suite aux premiers dégâts de la crise des subprimes".

Puis venait l'heure d'exhorter chacun à convaincre ses proches. "On ne peut pas accepter le vote contestataire. Ni non plus l’abstention". "Vos votes serviront pendant cinq ans. Il faut voter pour ne pas affaiblir le Parlement". L’argumentaire touchant à sa fin, la députée se devait d’écorcher ses adversaires. "Vincent Peillon est un parachuté. C’est un crève-cœur pour lui que de se présenter dans notre région Sud-est. Pourtant on m’a montré des photos de lui en train de faire du canoë en Ardèche. Je trouve ça normal. Il faut bien qu’il découvre la région". Mais la charge fut plus virulente encore concernant la tête de liste MoDem, Jean-Luc Bennahmias, député européen sortant : "Bennahmias était sur une liste des Verts. A-t-il été dragué par Bayrou ? Ou est-ce Bennahmias qui a mendié à Bayrou une place sur la liste MoDem ?"


Estrosi: "Un facteur à vélo, ça ira toujours plus vite qu’un PS en panne"

Et dans le rôle de la guest-star : Christian Estrosi. En substance, tout a déjà été dit. Mais en matière de marketing électoral aussi il faut taper fort. Le député-maire de Nice fait lui aussi son bilan de la présidence française de l’Union. "Elle nous a montré la vérité sur l’Europe. 2008 a été une échéance historique. La France a donné un nouvel élan politique à l’Union".

Mais Estrosi n’est pas un second rôle. Il est venu pour dézinguer et s’en donne à cœur joie. "Peillon, c’est le résultat de la guerre de dames. Vous savez : celle qui s’excuse sans arrêt et celle qui a été nommée Première secrétaire du Parti socialiste. Comme Aubry ne voulait pas d’un soutien de Ségolène en Nord-Pas-de-Calais, il a été envoyé loin. Dans cette région du Sud-Est qui nous est chère". "S’il fait du canoë en Ardèche, c’est peut-être un peu de ma faute, j’avoue. J’ai cherché dans des librairies un guide du parachutage, mais je n’en ai pas trouvé. Alors, je lui ai envoyé des «guides du routard» pour qu’il découvre la région". Le meeting prenait des allures de one-man show. Le public se gausse. "Vous savez, le PS est un parti sandwich", repart de plus belle Estrosi. "Il y a d’un coté un petit facteur à vélo (Besancenot) et de l’autre un amateur de course de chevaux (Bayrou). Eh bien j’ai envie de dire : un facteur à vélo, ça ira toujours plus vite qu’un PS en panne".

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© 2009 antonin

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