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Posted on Aug 29, 2007

OEuvres poétiques suivi de L'art

Rêves Diurnes

À l'Ennui

À ceux dont j'ai honteusement
volé la Magie

À celles dont j'ai enfermé le bonheur
Pour mieux le contempler


Nocturne

Lorsque je m'endors dans ton image,
Mes paupières s'effacent
Pour que ta chevelure les remplace.
Ton visage m'obsède
Ta démarche m'hypnotise
Tes félines inflexions sont autant de fraxinelles
Ta bouche devient mon oreiller
Ton corps est le plus beau drap
Et je me love contre lui
Comme dans des cendres tièdes
Ton dos soyeux, ta gorge blanche
Valent bien plus que tous les plus beaux tissus
Et tellement plus encore
Qu'il m'est inutile de t'exprimer
La joie qui m'emplit
Quand je rêve à toi.


En Enfer

Accompagne-moi sur ce beau sentier.
Tu n'y risques rien, nous sommes déjà morts
Il n'est ni beau, ni voluptueux.
Mais il sent bon
Sa musique est belle.
Ne t'attends pas à la Gaieté.

Elle n'est pas ici.

Elle n'aime pas ce chemin, mais moi je le chéris depuis mes yeux
Qui n'existent que pour te boire et t'aimer.

L'Homme aux Nymmes nous attend dans le Noir, même si Rouge est son allié.

Il ne sait pas que nous allons en enfer, car il ne sait pas que le Paradis existe.


Dernier amour

Noie-moi dans tes larmes
Dans cette eau qui me parle et m'appelle
En sa langue lente et longue
J'aimerais qu'elles m'engloutissent.

J'aimerais n'adorer que moi
Mais tu m'en empêches.
L'Heure avance toujours plus vite
Mais tu ne l'arrêtes pas.

Où aller ? Dans tes cheveux
Ou dans tes yeux ?
Aucun ne m'accueillera.

Alors serre-moi dans tes bras
Regarde le ciel bleu
Il est là pour nous deux.


Prière

Il ne me reste à présent
Pour te plaire plus que trois temps.
Après eux, nous sera fini.
Mais continuerons nos vies.

Je n'ose parfumer ces Trois
De peur de les abîmer chaque fois.
Personne ne peut m'aider.
Ne crois pas ce que tu me fais

Personne ne doit découvrir les autres
Ces quelques Temps que je t'ai
Offerts décorés joués parfumés.

Dans notre félicité tu t'es clôtre
Excuse ma droiture
Et aime-nous, moi et mon amour.


Découverte


La première fois que je te vis
Tu flottais dans une félicité solitaire
Et tu feignis
De me voir
Et de m'aimer.

Je devins alors prisonnier de la Tristesse
Ne te sachant ma geôlière.
Toi, merveilleuse dans ta froideur
Continuais ton évolution parfaite.

Mais plus tard
Vous me verrez
Toi et ta froideur.

Triptyque


Cette merveille
Silencieuse
Cinglant sur le vermeil
Quatre jours durant.
Trois Âmes l'ont croisée
Depuis, plus revue.
Une fille.

J'ai dit un
Pour te dire
Colline de Mort.
Ne m'abandonne pas
Sous la pluie.
Laisse-moi
Manier le temps.

Ô ma muse
Cesse de m'attrister
Écoute l'Automne
Pleurer par ta faute.
L'Ennui et l'Oubli approchent.
Vainc-les
Je t'en prie.

Égoïste

Hâte-toi de m'aimer, le Printemps arrive
Et avec lui l'Amour et sa fragilité.
Je ne veux t'entendre rire dans ses fleurs
Ni même te sentir loin de l'Automne.

Tu regarderas ses bourgeons roses
Et je sais que tu les aimeras me les préfèreras.
J'irai seul rejoindre mes ennemis qui riront de moi et t'admireront.

Telle sera le châtiment que tu m'infligeras
Si l'Automne tu quittes pour aller retrouver le Printemps
Et si jamais tu ne reviens
Je serais mort.

Moires

Je ne me souviens pas
De ta découverte
Subtile et parfumée

Dans ton allure
Tu m'étais familière
Et dans tes yeux
Je reconnaissais une lumière.

Mais moi, je ne te semblais
Pas digne.


Solitude

Abandonné des aurores de marbre

Ma Reine tu m'as quitté
À présent je suis seul avec mes larmes froides grises et longues
Et toi tu es loin de moi et tu m'as oublié et je suis amoureux
De ta cruauté de ton élégance de ton charme de ta virilité sensuelle.
Tu devines peut-être ma prison argentée
Dans laquelle ton Départ m'a enfermé.
Je ne sais toujours pas la raison de ta fuite.

Écoute le chant du désespoir, il t'appelle à lui
Il est séduisant ne me le cache pas
Son parfum te plait ses manières te charment
Ne me contredis pas je préfère tes aveux.
Mais non, je ne pleure pas
J'essaie de te garder
Près de moi
Un petit
Tout petit
Instant
De plus.


Inaccessible

Le vent joue avec tes cheveux
Ce rideau blond qui cache tes pensées
Que je crois protéger jalousement

La mer veut être plus bleue
Que tes yeux qui se moquent d'elle
Tu les grises les vertes
Quelle que soit leur couleur
Ils sont merveilleux

Certains disent que tu es une fleur.
D'autres, une déesse
D'autres, une sorcière
D'autres, une femme.

Moi, je ne sais pas ce que tu es
Je ne veux pas le savoir

Je sais que je t'aime et que toi, non.

La Mort

I

Fenêtres grises
Votre ennui
M'ennuie
Depuis
Trop longtemps.
Fermez-vous,
Vous m'embrassez
En restant ouvertes.
Vous me grisez
Me brûlez

II

Reviens
Tu m'as menti
Quand tu m'as dit
Que je t'aimais.
Les nuages au-dessus de toi
Vont bientôt éclore
Et verseront sur toi leurs larmes acides
Reviens, que je t'offre ma pluie personnelle.

III

Je t'invoque et t'implore, mais ne sais même pas le lieu de ta fuite. Je ne pourrais le deviner. À présent celle qui m'a précédée s'éloigne. Je ne lui ai pas demandé. Je le regrette. Sois rapide, rejoins-la, elle sait ce que tu dois faire.
Depuis des heures que je t'attends, assis sur une planète, contemplant ce qui y est, il ne s'est rien passé de plus que depuis ton départ. Mes larmes ont creusé un petit ruisseau qui bientôt se tarira quand j'aurais compris qu'il est inutile.
Peut-être en ferais-je une encre et quand j'attendrais que tu rentres j'appellerai cette encre de ton nom. Mais je ne le connais même pas. Je ne suis qu'un pauvre poète dont la beauté reste là à ne rien faire qu'être triste.


IV

Je frissonne
La Nuit tombe
Tu ne rentres
Je me meurs
Lentement

Ta flèche est arrivée je ne sais d'où dans mon pauvre coeur.

Un hibou gris me regarde
Il ne comprend pas le sourire
Qui prend la place de mon âme.

Hiver Jaune

Dans cet hiver jaune
Et triste
L'Ennui s'en va.
Seul, avec le désespoir,
Il quitte le ciel
et la Terre pour
aller ailleurs
Chez Lui.

Et moi je suis
à présent mort.

Tu vas rejoindre
le Printemps
car lui n'est pas blanc
il n'est que couleurs
parfum et beauté.

Et moi je suis
à présent mort.

Maintenant je me quitte
Je laisse le monde
Je sombre dans la lumière
Mon esprit s'enflamme
Je suis pétrifié
Je suis enchanté

Et moi je suis
à présent mort.

L'Absence

À quoi penser ?
Filles et paysages
M'ont distrait
Et fait rêvé.
Lune et Nuit
M'enchantent
Lune et Nuit
Te chantent.
L'Ennui me regarde
Je suis sa prochaine proie
Il n'attend plus que moi
Pour aller en Enfer
Je dois arriver
À atteindre le fond
Pour le vaincre.
Alors je pourrais te retrouver dans ton lit qui n'est que luxe.

Errance en gris

Lorsque j'erre
Dans mon cloître gris
Je t'imagine apparaissant
Resplendissante et humaine sous mes yeux.

Mais lorsque tu apparais
Tu n'es pas
Ce que j'imaginais.

Je pensais être déçu
Mais je suis comblé
Ta vue m'enchante
Je suis perdu dans mon Amour.

Et puis tu disparais
Me laissant dans mon coin
Sans dire un mot.

Orgueilleuse

S'il te plaît
Cesse de me faire souffrir
Plus longtemps
Près de toi.

Je ne suis
Plus qu'un pauvre
Amoureux
D'une orgueilleuse.

Je reviendrai te voir
Dans ton automne
Et pleurerai
Avec toi dans le noir.

Et s'il le faut
Je mourrai avec toi
Pour ta fierté.


Musique

I

Pleines fleurs dans la vie
De ma femme en merveille
Point de pleurs dans la vie
De la femme en vermeil

Au loin les cristaux se parent
Et magie bagatelle envolée s'est enfuie
De diamants évanouie ma déesse apparue
Près des rêves engloutis loin de moi

Mort enfouie des malheurs arrêtés
Rapide arrive près des fleurs
Et puis s'endorment les couleurs
Tristement dans mes pleurs

II

Au fond du jaune enivrant
M'écoutent les étoiles éteintes

Et chantent les murs apeurés
Profondeur exigée des armures
exaucées

Ainsi chutent les blanches couleurs
Enfermées dans le ciel ivre et lumineux

Soufflent les nuages leur chaleur refroidie
Souffrent les messages leur malheur choisi


III

Mon âme s'engouffre lourd
Ton cou s'agglutine arrière
Et mes dents en breuvage adoré
Bercent là-bas la ballerine dorée

Au loin des chevelures éclectiques
Se meuvent les mauves électriques
Arguant les coeurs élastiques
Envieux de ta plastique

Enfin le jour s'éveille
Après les lunes sommeillent

Dansent tes ombres amenées
En guirlandes éraflées
De bronze et d'or.

IV

Après être alluminé en face marbrée
Paradis exigu attenant à mon âme

Enfin se dorment avoués mes espoirs
Et lisses apeurés envolés amortis

Ainsi coulent mes vies lentement
Cloître imbécile de la folie

Possession amoureuse qui n'est que haine
Oubli brûlant des batailles débiles

V

Sans cesse assourdis et saoulés
Ils s'en vont lentement vers la vieillesse

Les voilà qui se rejoignent dans la facilité
Après m'avoir afflué fatigué funambule

Elle m'avait brûlé déjà depuis longtemps
Il venait tout juste de l'imiter

Me donnant ainsi cette naissance superbe
Et refrains habiles toujours enchantés

VI

Mon esprit est envahi par de tendres personnes
Qui croient le connaître, et le raisonnent

Mais il s'envole de plus belle
Détruisant la cage qu'on lui voulait

Reprennent encore les blessés
Qui tentent d'éloigner mon âme du ciel

Mais elle se dissout intelligemment
Rejoignant la musique et le mouvement

Mon esprit marche au plafond
Lentement les amarres s'achèvent

Dansent mes ennuis dans la lumière béante
Tristement délaissés par mon âme endormie.

Autres pièces

I

Je sens. Je vois. J'écoute. L'arbre rouge en face de moi, les tuiles derrière lui, le ciel derrière elles. L'herbe verte et bleue. Le vent qui me caresse un instant. Les bouleaux qui bruissent doucement. Le silence qui résonne dans la chaleur. Ma mémoire qui pleure. L'indifférente évolution de la Nature. Le Soleil qui s'ennuie là-haut. Les arbres vaincus. Le froid qui s'approche de moi. Et avec lui, la haine.


II

Toute cette liberté ensoleillée
M'emprisonne.
Mes mots me blessent
Rien ne sert de les soigner
un deux trois
quatre cinq six
cette fois je n'y échapperais pas.
Ne ferme pas mes yeux
Dis-moi plutôt
Que notre amour n'est qu'une onde de bonheur passagère.
Douce adolescence que celle qui m'a tuée
La tienne est trop amourée.
Pour la deuxième journée que tu me tortures,
Qu'un Satan vienne te bercer de son amour brûlant.

III

Dans les steppes bien gelées de la Sibérie
Vladimir Tosk chevauchait vers Saint-Pétersbourg.
Mais il rencontra sur sa route de vils bandits
Qui gênèrent sa quête au servic' de la cour.
?
Ils l'abordèrent d'une vulgaire façon
Et plaisantèrent en le traitant de tous les noms.
Le russe cavalier, de la sorte vexé,
Provoqua en duel tous ces gros défroqués.
?
Il dégaina avec panache son épée
Vassilissa la très puissante, ainsi nommée.
À la vue du métal très vieux et très rouillé,
De s'esclaffer ils ne peuvent s'en empêcher.
?
L'ire du Sibérien alors se déchaîna,
Et d'un coup d'épée, les bandits il terrassa
Dans une effusion de sang la joute prit fin
Et Vladimir put assouvir enfin sa faim.
?
Dans un excès de colère et de vengeance,
Notre cavalier se rue sur les pauvres corps
Et dans le seul but de remplir sa bonne panse,
Il engloutit voracement les bandits morts.

Petit recueil

Aux Nymmes
et
À leur maître

À ******

Trahison

Déjà ils s'enchaînent en mon âme
Acérés par la flamme jalouse énervée

Traîtres fous qui enferment mon génie
Que relie tristement la longue bêtise

Eux-mêmes se haïssent
Sans même se connaître

Cruelle

Ton cadre doré brillait de solitude
Et tes gants s'animaient
D'élégance animée

Et moi, j'admirais seulement tes ombres
En m'abandonnant dans cette lumière sombre

Et ta cour d'importuns admirateurs
S'amusent silencieusement accroissent ma douleur

Hiver

Lentement
Le froid
S'en va

Et lentement
L'effroi
Sang boit

Tristement
Mes larmes
Coulent

Et tristement
Les armes
Roulent


La mort du printemps

I

La lumière en suspension ralentie
Le temps égoïste apprêté au départ

La femme que j'aime et qui s'attend
Longuement des amalgames enchaînés

Et moi qui ne puis rentrer dans l'amazone
Et moi qui doit rester sans toi.

II

La vitesse elle-même s'est arrêtée
Laissant le Temps sa course continuer

Et puis les choses posées sur la Terre
Qui sagement écoutent le Soleil

Enfin les feuilles qui chantent silencieusement
Entre elles se crée le beau

VI

Plus rien ne bouge
Ni ne chante
Ni n'écoute

Et moi je dois chanter

Quand j'aurais fini
Je reviendrai où tu étais
Pour encore t'admirer et t'aimer

La musique est revenue
Il a venté il a plu
Maintenant tu ne m'aimes plus


Et je veux encore te voir

VII

À côté de moi
Le travail s'imite

Et après ce qui est
à côté de moi

Ils y a ceux qui
pensent imiter
sans imiter
Mais imitez donc !

Ne voyez vous donc pas
cette cécité spirituelle
qui vous bouche lez yeux ?

Tout ceci forme une société
Dans laquelle j'ai été
Enfermé
Contre mon gré.

Et je dois en sortir
Et je dois les fuir

J'irais m'aimer dans les petits poèmes en rouge

VIII

Au début de l'en rouge
il y a mon âme
et puis il y a mon esprit

Ensuite il y a tout
ce qui m'attriste
et m'enchante

À la fin de l'en rouge
il y a aussi mon âme
il y a toujours mon esprit

Et puis il y a
l'en rouge qui suit.

IX

Dans l'ombre
sombre
il y a encore du rouge

Et dans tes larmes
de cristal
il y a encore du rouge

Dans mon coeur
de poète
il y a encore du rouge

Et dans ton âme
Et sur ta peau
Dans tes cheveux
Et dans tes yeux
Sur tes paupières
Et sur tes lèvres

il y a encore du rouge


X

Je crois que tout est en
rouge
Car quand plus rien ne
bouge
Et que s'éteignent les
bougies
Les nuages eux-mêmes ont
rougi

--

Quand le songe m'emmène
Au fond de moi-même

Je reste ailleurs et
Je contemple
La chaleur qui endort
Le soleil et le monde
celui seulement que je
peux voir
Alors je vois du rouge
Encore du rouge
Toujours du rouge

Et puis le songe s'évanouit
dans d'autres couleurs

XI

Un jour
Que l'amour
Au détour
De mon âme
m'emmena
Il me montra
le rouge.

Un jour
Que l'amour
Au détour
du rouge
m'emmena
Il me montra
Toi.

XII

Tout au fond de mon ciel
Il y a les petits poèmes en rouge

Et tout au fond de mon ciel
Il y a mes idées qui planent

Et pendant que des gens me regardent
Moi je m'échappe dans le rouge.

Ils ne m'écoutent pas et se crient entre eux
Ils sont partis déjà avant même que j'aie chanté

XIII

Ils me confondent
lentement avec ce
que je ne suis pas

Ils croient me
connaître mais ne
savent même pas

Qu'ils me confondent
avec quelqu'un que
je ne connais pas

Et moi je ne sais pas
La cause de cette confusion
Et eux ne voient pas
Mes illuminations

Longuement ils m'ont demandé
Si je savais
Qui j'étais

Mais ils ne comprenaient pas
Ma réponse


XIV

S'en vont mon intérêt ma banalité
S'envole ma société que j'ai créée
Dont je suis maître et sujet
Dont j'avais tant rêvé

Arrivent mon âme mon esprit
S'allumine mon talent ma musique
Se créée ma flamme crépusculaire

Et tristement le soir salue
Cette ville, ces maisons, cette rue
Qui déjà vont bientôt se rejoindre chanter
Ce que le commun des mortels appelle l'été

S'achève ce que j'aimais
Commence ce que je hais
S'éclot les nombreuses aires

XV

Je pleure de ne pas être compris
Je pleure de devoir obéir
À ceux qui n'ont pas compris
Que je ne pouvais pas obéir

Et ils continuent de me harceler
Et ils prennent plaisir à tuer
Ce génie créateur qui en moi sommeillait

Mais un jour que je tuerais
Ils mourront

XVI

Mon envie soulevée du grand bal emmuré
Pleure longtemps de ne t'avoir admiré

Et chutent encore tes toitures en rouge
Et pleurent encore ceux qui ne bougent

Les ailes solitaires s'alluminent seulement
Après après avoir appris que tu ment

Et les neuf cents âmes qui vainement se veulent
envolées vues et voulues par vos veules vermeils

Mais mes maintes merveilles se meuvent moins mur
Montant minimalement les murs matins

XVII

L'incarnat t'éclaire écarlate
Et t'écartèle ô scélérate

Toi qui savais si suave et cruelle
Que je pleurais seulement pour toi pour elle

Toi qui me regarde derrière moi
Ce que je suis il n'y a plus

Il a plu doucement dans tes cheveux
Et moi qui voulais me murmurer « je te veux »

Je n'ai même pas pu le dire à mes lèvres
Qui tant de fois t'ont révélé funambule

XVIII

Je te salue belle matinée que j'aime tant
Toi qui ne me connais pas
Toi que je connais

Je vis dedans ta lumière et ton air
Mais tu ne sais pas ce qui m'arrive

XIX

Je veux m'endormir et disparaître dans ces lignes carmines
Mais je reste chair et subis les outrages terrestres
De ces mortels qui se disent mes prédécesseurs

Et puis le milieu s'amène amarré
Des voix viennent par la chaleur silencieuse
Et l'heure arrive qui marque le début et la fin


Encore le jour se dilate
La lumière les formes éclate
Et mon âme tout incarnate
Tient en elle tous ces instants

Qui font ce qu'on appelle un passé
Qui fut autrefois le présent
Et qui ensemble marquent ma vie
Qui n'est que rouge rouge rouge

XX

L'ouïe loyale lointaine et lente
arrive s'arrête repart dans la chaleur

Et la musique mélange mes mauvais mots
qui me blessent tant coule mon rouge sang

Mon territoire attitré t'a trahi
Pardonne-moi pour t'avoir donné ainsi

La muse s'allumine langoureusement et
Dans la lumière du soir elle s'éveille

XXI

la vapeur du songe réel
m'enveloppe doucement de son tendre parfum
m'offre un présent unique et divin des ailes

Afin de pouvoir me dissoudre légèrement
Dans le ciel et dans tes mains
Qui me caressent langoureusement

Et peu à peu le concret s'efface
Pour que le réel le remplace
Et peu à peu l'humain disparaît
Car le divin vient d'arriver

Enfin les étoiles s'endorment
Et clair est le soleil
Qui tendrement caresse
La surface terrestre.

Dernière adolescence

À personne,
que le monde n'a pas créé
Et qui aurait dû être
et qui n'a pas été

À ceux qui ne m'ont pas compris
et qui un jour me comprendront
Peut-être.

L'été

La fraîcheur
La senteur
S'évaporent

La pureté
L'été
L'été

Et le ciel que nous croyions bleu
A toujours été pour nos yeux
De cette détestable couleur grise
À laquelle tu t'es soumise

Et les nuages que nous croyions disparus
Ont toujours été à notre vue
Présents, toujours omniprésents
Et je t'aime infiniment.


II

Maintenant mes notes ne signifient plus
Tant je t'aime follement
Je continue
Mais inutilement

Ta beauté a remplacé mon chant
Qui a compris s'en est allé
Ne reste que mes lettres envolées
Qui partent dans l'infiniment grand

Et j'ai déjà accompli
Ce que je redoutais tant
Et personne n'a compris

Mais je n'ai pas accompli
Ce qui arrive tant
Et je me replie

III

Le soleil paresse dans sa vitrine de ciel
Et moi je ne peux l'acheter
Et moi je ne peux t'aimer

Je te regarde dans ta vitrine d'élégance
Les vendeurs autour de toi s'empressent
Et plus tu est arrogance
Et plus ils me blessent

Mais moi je sais que je ne te peux
Et eux croient te posséder
Mais cruelle tu les possède !
Possède- moi s'il te plaît.


IV

Depuis très longtemps je n'avais pas pleuré
C'est arrivé une après midi de printemps
La veille de l'été se préparait
Et moi je regardais le beau temps

Et puis tout à coup cette eau s'est créée
D'elle-même sans que j'aie eu à l'appeler
Et puis contre mes joues elle a coulé
Pour tomber.

Alors quelques personnes ont tentés de m'aider
Mais en vain. Ils n'ont pas su
Aider cette personne que j'aime et que je hais

Et moi j'aurais dû me dire « tu »
Pour mieux me regarder
Mais je ne l'ai pas fait.

V

Je m'enfuis à l'envers dans l'immobile beige
Et cette allure brille sourdement les cieux

La lune appelle flou disparu redonné
Et le sel au plus haut du rêve miroir

Tandis qu'enfin je me retrouve seul
Et que je comprends tout

J'observe après dedans fluité ravie
Contre baroque égorgé remodelé

VI

Peut-être qu'un jour aveuglé
De tant de ce silence salué

Moquez et tranchez ces chaleurs enviés
Plutôt immolés soudainement à l'envers

Les lumières de mes mélodies
M'ont septentrionalement renversé

Enfouis narguilés des reconnus envieux
Apeurés et battus tristement ils s'envolent

Dernière Heure de Juin

Petite peur en cabrafuge amoureuse
Barsandée mollement langoureuse
Fleuronnée désarmée brumeuse
Argelandées et versifiées

Mardonstères illons et beaux
Catafalque abrogée d'or
Nuvage solennel de paupières
Sept fanions se sont fanés


Images d'Argent

À celles que j'aime
à moi
à Dieu.


I

La pluie me caresse goutte à goutte
Et moi silencieux je l'écoute

Et je m'enfuis tel un roi
Vers ma liberté blanche

Tandis que le bruit me harcèle
Et les arbres explosent de vitesse

II

Les bouquets de fer surveillés des étoiles
Dansent au fond des lumières rouges
Et là-haut dans les grands cieux
Dorment les mémoires de mes yeux

Mes pensées lentement s'arrêtent
Jusqu'à ne plus rien attendre

III

Le halo du bonheur s'est allumé
Au fond tout au fond de mon coeur

Et je regarde mon amante, ma soeur
Qui toujours belle devait être.

IV

Après mes mains
Ne reste rien
Que le monde cruel que j'ai choisi

Et quand je me réfugie au plus profond de mon âme
J'aperçois ton visage qui doucement se dessine

Et je compte lentement dans ma tête
Jusqu'à parfois sept cents soixante dix sept

V

Le froid m'emprisonne méchamment
de ses grands doigts froids

Et le silence dans ma tête résonnant
Hurle tristement près du soir.

VI

La chaleur me retient
Près du sol réel

VII

Je suis perdu dans un royaume inconnu
Et je m'envole vers le beau
Et j'aime le genre qu'elle salue

Mais elle ne sait pas qu'elle m'aime
Cruelle et perfide

VIII

Les lèvres immobiles
M'invitent dans leur boudoir

Il est 15h12 à l'oisellerie

Ne reste que les nuages.

IX

Le murmure crépusculaire me berce
Dans ses chaudes couleurs

Et moi je l'abandonne
Dans le froid argent

X

L'amitié de l'inconnue
Me soulève oniriquement

Et la lumière
Tristement me regarde
De tout là-haut

XI

Le ciel est derrière moi
Mais je ne le vois pas
Je regarde ce mur blanc tout blanc devant moi
Blanc sans rien.

Et le ciel regarde
Depuis tout là-haut
Par-dessus mon épaule indifférente

XII

Je pense à hier
Je pense à demain

Et j'aime ce voyage
Qui lentement se déroule

Et j'aime mon image
Qui derrière moi s'écoule

XIII

J'aime tant oublier
Que j'ai tout oublié

Et je m'endors dans mes souvenances
Heureux ensembles
Toi
La Musique
Et Moi

XIV

L'immobile est en mouvement
Un jour il faudra que je meure
Et si je pleure
Mes jours ma vie
Je deviendrai banal
Immonde et commun
Triste et triste
Seul
Sans rêves

XV

Le noir avec le blanc
Quatre vingt deux
Cinquante trois
De la lumière dans la nuit
Des gens qui savent
D'autres qui meurent
Avec des allumettes
Et des cartes
Et des billets


XVI

Ces boîtes remplies d'yeux
Ces soleil ses dorures
les feuillages
le clair de lune
en plein jour

et mon gris
ma pluie
mes rideaux
ma lumière
de poète
encore trop jeune
et ces larmes

XVII

Mots enfouis sous d'autres
Pages toujours vides après le rêve
Ruban noir de mes hémisphères
Encre bleu sympathique et
ma mémoire

Temps qui s'écoulent
Minutes qui passent
Dessins disparus
Soleil là bas
et Moi ici.

XVIII

Je cherche ces minutes qui
immobiles effacent ces images
ces visages que j'aime

Elles s'enfuient et de loin me regardent
Je suis seul à chercher
à aimer cette quête vraie
Et la bulle de bronze soudain tombe

XIX

Je suis tombé amoureux du parfait androgyne
Trop belle pour être homme
Trop intelligent pour être femme
Elle ne sait pas cet inconnu
il ignore mon ombre
seul elle cherche des couleurs
Quelque part derrière nous
Pauvres mortels

XX

Le bel ouragan trop serré
Dans son corset trop sérieux
Pour une si petite chambre
Si douce et si brune
Élégante

et matinale
comme une journée de la fin du
doré mois d'août

Le visage qui m'entoure
De son image
De ses atours
Et la fin de ce supplice n'est que
le commencement
d'un autre
Et mon départ obligé torture mon
coeur

L'art et la poésie.
Qu'est-ce que l'art ? L'art est personnel. L'art est une oeuvre que l'on contemple, c'est-à-dire une oeuvre dans laquelle on s'abandonne, et par l'observation de laquelle on approche du songe ou du rêve -- nous développerons cette idée de rêve plus loin. Une oeuvre d'art isole son spectateur, l'absorbe. Lorsque l'on écoute de la musique, lit un livre, regarde une photographie ou un film, on doit se projeter dans l'oeuvre, s'y apparenter, ou à un de ses personnages, un de ses sentiments qu'elle dégage, un de ses effets qu'elle produit sur nous. Lorsque l'on écoute par exemple le Requiem de Mozart, on doit être tristesse, et non penser : « Que c'est triste ! ». De même que lorsque l'on écoute le Printemps de Vivaldi, on doit être bonheur, et non se dire « Cette musique me rend heureux ! »

C'est pour cette raison que l'art est sentiments, impressions, effets, et toutes ces choses qui ont trait à l'âme et l'esprit. Tout ce qui ne les touche pas n'est pas de l'art. L'engagement politique n'est donc pas artistique, au contraire il détourne l'oeuvre d'art pour son propre compte. Un poète, un compositeur, un peintre ou un artiste quelconque qui s'engage politiquement par une de ses oeuvres n'est plus un artiste. Il devient alors un politicien, espèce très inférieure à l'art.

?

L'art ne s'apprécie pas : il se comprend. Ne dites pas : « J'aime cette oeuvre, elle me plaît » Pourquoi ? Vous ne savez pas. Vous l'aimez. Soit parce que d'autres l'aiment, et vous avez besoin d'être reconnu par ces autres comme quelqu'un de goût ; soit parce que d'autres l'aiment, et que vous pensez qu'ils ont bon goût ; soit parce que cette oeuvre vous correspond. Si une oeuvre par exemple se remarque par son obscénité, vous direz « j'aime cette oeuvre » afin de faire comprendre aux autres : « J'apprécie l'obscénité et suis capable d'en parler en public ». Ou encore, « J'apprécie ce monochrome C » qui signifie « J'apprécie la couleur C. » L'art peut donc être détourné en moyen de communication tacite, mais très efficace. On peut ainsi par son biais, suggérer des idées, demander un service ou déclarer son amour.

Les oeuvres qui s'apprécient réellement sont celles qui se comprennent. Ou que l'on croit comprendre. Quand on lit Baudelaire, Apollinaire ou Proust, ils se ressemblent un peu, mais en les regardant de plus près le lecteur se demande : « Ils ont sûrement écrit ça parce que... » Et le fait de comprendre quelque chose qui peut-être n'existe pas, et dont on ne pourra jamais vérifier l'existence, crée un lien de mystère entre l'oeuvre, l'artiste et le spectateur. Pourquoi a-t-il créé ? Comment savait-il que cela produirait cet effet sur moi qui suis unique ? Prenons par exemple ces vers de L'invitation au voyage :


Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !

Les deux premiers vers se ressemblent, ne racontent rien : deux verbes seulement qui sont pourtant si beaux et si artistiques ! Baudelaire fouille dans notre âme pour y trouver ce qu'elle cache de plus artistique : le Beau. Pourquoi ce vers « Aimer et mourir » est-il si beau ? C'est une perspective atroce ! Mais Baudelaire caresse ce vers juste après « Aimer à loisir », et cette juxtaposition donne une nouvelle vision à notre âme qui peut alors envier le voyage de Baudelaire. Aimer à loisir, c'est aimer tout le temps sans efforts et sans craintes, sans questions ni réponses, ne rien faire d'autre qu'aimer. Aimer et mourir, c'est aimer à loisir. Car ce verbe mourir que Baudelaire asseoit à côté d'aimer l'adoucit. Le lecteur sait qu'il peut aimer à loisir sans se préoccuper de la Mort, en l'attendant doucement, ce doux sommeil éternellement sensuel si cher au poète. Et puis, le lecteur découvre que cette Mort a lieu « Au pays qui te ressemble », c'est-à-dire l'Ordre, le Beau, le Luxe, le Calme et la Volupté.

C'est tout ce raisonnement que le lecteur fait inconsciemment à la lecture de cet art sublime qui lui donne l'illusion d'apprécier le texte, alors qu'il n'est psychologiquement qu'une suite de mots mettant en route dans notre âme des idées qui s'embrassent langoureusement à loisir, qui créent ce qu'on appelle la Poésie, mère des Arts, celle qui est l'âme.

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Développons plus cette idée qu'exprime l'idée, que l'on peut appliquer à d'autres forme d'art. Les deux exemples de la littérature française illustrant le mieux cette inconscience de beauté sont Proust et Mallarmé. Ces deux auteurs ont en commun la capacité de créer une ambiance indépendante et extérieure à notre monde en y puisant pourtant ses éléments : avec de simples mots, ils sont capables de créer un paysage ou une femme. Prenons au hasard le premier poème des OEuvres poétiques de Mallarmé :

Rien, cette écume, vierge vers
À ne désigner que la coupe ;
Telle loin se noie une troupe
De sirènes mainte à l'envers.

Ces quatre vers n'ont bien sûr aucune signification ; Mallarmé emploie ici nos réflexes artistiques. Tout d'abord, il n'y a aucune signification possible, le lecteur est donc invité à faire abstraction de toute chose terrestre, puis, les mots qui se suivent forment comme un parfum visuel, un paysage virtuel. Bien sûr, ce procédé est soutenu par la musicalité de la strophe : « Rien, cette écume, vierge vers ». Dans Proust, il est déjà plus compliqué de trouver ce procédé, puisqu'il existe un premier degré terrestre ; il est donc plus complexe pour le lecteur de déceler cette ambiance. Ce n'est qu'au bout de plusieurs heures de lecture qu'il comprend que toute cette vie qui nous est exposée n'a elle non plus pas de signification majeure dans l'oeuvre, qui a donc cette portée universelle si l'on peut dire, mélangeant le sommeil, les fleurs, les villes et les hommes. Cette addition de petits faits contribue à créer un monde précis qui a existé, mais il est présenté presque comme dans un rêve, d'où le qualificatif d'oeuvre d'art.
Cette recherche du Beau dans le rêve peut donc s'effectuer dans d'autres art, comme au cinéma par exemple, où l'on peut appliquer le principe de Proust, en filmant des évènements anodins et inconsciemment reliés entre eux. Mais la littérature reste le support le plus propice à l'expression de ce principe, car c'est celui qui laisse le plus de liberté à l'imagination du spectateur.

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L'Art ne s'apprend pas plus qu'il ne s'apprécie. On n'apprend pas à devenir artiste, on ne le devient pas, on n'apprend pas à l'être. On est et naît artiste. Parce que l'Art est Neuf. Et devenir artiste signifie, à un moment de l'apprentissage, imiter les artistes. Mais imiter les artistes, ce n'est pas de l'art. C'est du talent. C'est de l'Histoire.
Un artiste est toujours artiste. Mais cela ne signifie pas pour autant que chacune de ses créations soit artistique. L'artiste lui-même peut copier d'autres artistes, et alors sa création n'est plus artistique. Proust écrit : « Il faut la laisser faire un moment, laisser la pédale prolonger le son, c'est-à-dire faire un pastiche volontaire, pour pouvoir après cela redevenir original, ne pas faire toute sa vie du pastiche involontaire. » C'est donc pour l'artiste un chemin nécessaire à sa création, savoir imiter volontairement un jour pour ne pas imiter involontairement tous les jours. L'artiste, en pastichant ainsi ses prédécesseurs, observe leurs manières, leurs créations, leur Art, et peut après ne pas les copier puisqu'il les connaît. Alors que l'artiste qui crée tout de suite sans savoir ce qu'ont fait les artistes avant lui, risque fort de les pasticher.
Une fois ceci acquis, l'Artiste doit créer du Neuf. Car ne pas copier de l'ancien est aisé, mais créer du Neuf est difficile. L'artiste doit alors deviner. Deviner le futur, mais aussi se deviner. Il doit écouter attentivement son âme afin d'être capable de créer de l'Art, et écouter sa mémoire afin de ne pas le recréer.
L'artiste doit donc imiter ses prédécesseurs, mais il doit le faire par lui-même. J'entends par là qu'il doit trouver seul la définition de l'Art selon l'artiste qu'il pastiche, et non se le faire montrer par ces envahisseurs d'âme que l'on appelle professeurs, inculquant de fausses idées qui détruisent la part de créativité que la société nous a laissé.
Mais le pastiche révèle d'autres qualités : celle de se transformer en un autre que soi, et celle d'apprendre par soi-même. Pasticher n'importe quel artiste révèle en effet que l'artiste est capable d'être quelqu'un d'autre que le moi qu'il est habituellement. Il est capable de créer ce qu'un autre a créé, grâce à une étude approfondie de l'Art d'un autre. Cette capacité est également signe d'une liberté totale, et d'une parfaite connaissance de soi. C'est-à-dire qu'en étant capable de changer, il s'approche de l'abstraction proustienne, et peut donc créer, sans pour autant imiter Proust. Prenons par exemple Guillaume Apollinaire et ces deux vers de Calligrammes :

Le galop bleu des souvenances
Traverse le lilas des yeux

Là encore il crée une image à partir de mots bien définis, mais en les associant soigneusement : le « galop des souvenances » donne à la mémoire, soeur du rêve, un corps pour s'en aller, l'image du poète immobile est ainsi créée. « Traverse le lilas des yeux » renforce cette idée d'immobilité face à la rapidité poétique.
Le pastiche est aussi formateur pour l'artiste : en pastichant, celui-ci apprend seul. Il découvre l'Art, observe ce qui se faisait à telle ou telle époque, quels milieux existaient, quels courants ; et le fait qu'il observe seul tout cela lui donne sa définition de l'Art, et non celle d'autrui, compétent ou non.
Car en apprenant seul, il se forme un esprit critique, un double de lui-même qui n'a aucun préjugé sur quoique ce soit, et cela permet de créer en toute liberté, tout en ayant la possibilité de faire appel de temps en temps à son double critique et donc terrestre afin de vérifier que l'on ne copie aucun artiste.

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