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Posted on Apr 6, 2008

In the Healing Hands of Time (Jocari) reviews

The Pessac Awards
La France regorge de vrais talents, il faut juste se donner la peine de fouiller un peu. Auteur en 2005 d'un premier album, "Intimacy Ruins" que je ne connais pas personnellement mais qui fût encensé par toute la presse indé de France et de Web , Jocari revient cette année avec un nouvel opus intitulé "In The Healing Hands Of Time". D'une beauté sidérante, la musique de Jocari est un folk aussi pur que l'eau de source qu'on trouve sur les monts d'Auvergne, pas très loin de Saint-Menoux dans l'Allier, là où vit Fabien Larvaron, le génial songwriter et auteur compositeur de ce disque magnifique. Simple et réduite à quelques instruments essentiels, guitare, banjo, harmonica, juste accompagné d'une discrète boite à rythme et d'un chant mélancolique à n'en plus finir, sa musique s'écoute comme on contemple un paysage de montagne, en prenant de la hauteur, yeux et poumons grands ouverts.
"I make landscapes out of what I feel" trouve t-on écrit à l'intérieur de la pochette, tout est dit. Encore un disque de Folk me direz vous? Oui, mais quel disque!

Indietronica
Plutôt que de dérouler une liste de figures de proue auxquelles rattacher la musique de Jocari, attachons nous d'abord au titre de ce nouvel opus. Fabien donne, autant qu'à sa musique, un poids et un sens aux mots. Son premier album s'appelait Intimacy Ruins et donnait à voir une perception du monde encadrée par les murs de sa maison... ces murs délimitaient les souvenirs d'une enfance et d'une adolescence perdue qu'on essayait de reconstruire. In the healing hands of time n'est pas l'album de la maturité - parce que ce serait le signe d'une fin qui approche - mais plutôt d'une maturation acceptée et épanouie. Entre les mains guérisseuses du temps... la beauté même de ce titre pourrait justifier de s'abandonner avec volupté à cet album. Mais en plus, il y a la musique, ample et profonde, qui vous soulève comme une vague. Elle se construit par pièces qui s'agencent les unes aux autres pour trouver une évidence mélodique sans artifice, pour décrire un spleen assumé et bientôt joyeux. "The Fall Guy" est sans mentir une des chansons les plus marquantes qu'il m'ait été donné d'écouter depuis très longtemps... Elle a pour elle une texture incroyable qui vous saisit dés les premières notes. Les arpèges de guitares répondent aux cymbales et au clavier, un harmonica s'élève puis la voix est déposée sur le tout. Ce morceau est incroyablement touchant et prenant à la fois. Le reste de l'album est à l'allant, à la fois dense et léger, mélancolique et lumineux. Des cuivres tapissent Inflammable de velours ; les 3 temps de 'Lost Waltz" sont réhaussés d'une cornemuse ; "Beachwood Isle of Ré" convoque une boîte à rythme suffocante...Les références et les pistes sont donc multiples pour décrire la musique de Jocari, mais en l'espace de deux albums, Fabien et ses compères ont su développer un travail de la matière sonore original dont il serait un peu injuste et inutile de le rattacher à d'autres musiciens. Une sortie les Disques Normal.
Chroniqué par Tycho Brahé

(dMute)
Entre l'Auvergne et les plaines américaines, les eaux troubles de la musique folk. Et oui. Le Bourbonnais, ce pays oublié de tous et pourtant splendide, en a déjà vu d'autres. Il paraît même que l'Auvergne est un des puits sans fond de la scène musicale française. On l'aurait su, non ? Ce qu'il y a de sûr, c'est que Jocari sape tout le travail de l'office de tourisme du coin. On n' est pas loin de se passer la corde à la seule idée des soirées solitaires passées dans les vallées auvergnates. Toujours est-il qu'avec Jocari, une douce balade feutrée accompagne ces grands espaces et qu'un autre natif du coin, René Fallet, ne serait pas resté insensible à la prose musicale du bonhomme. Fabien Larvaron poursuit donc l'aventure entamée avec Intimacy Ruins en 2005. On reste dans un seul et même registre, entre folk et americana, sous les patrons que sont les Johnny Cash et Elliot Smith, mais aussi l'immuable Bonnie Prince Billy. On est tout proche aussi, par moment, de Lauter. Notons en passant les très beaux The Lost Waltz et The Fall-Guy. Rien de neuf, que ce soit dit, mais un travail harmonique bien fait et de jolies balades que l'on suit sans déplaisir. Jocari, c'est le Kentucky moins les santiags, le Texas moins la panoplie de cow-boy, la dark folk sans ses images d'Epinal. Chroniqué par Igor

Full of sound
La campagne auvergnate doit ressembler à certains paysages du midwest. La musique de Fabien Lavron alias Jocari naît sans doute de la douce comptemplation de ces natures un peu arides. Tout comme ches WildlOldham, autre solitaire folkeux à l'abord un peu fruste. Couché dans l'herbe au milieu des champs, Fabien rêvasse en regardant les nuages. Véritable éloge de la lenteur, In the healing hands of time n'en demeure pas moins traversé par des bouffées de magie nées de l'arrivée inopinée d'une cornemuse, voire tout simplement d'u harmonica qui pleure ou d'une slide guitare qui rigole. En y regardant de plus près, les nuages dessinent des personnages et elurs lents mouvements ressemblent à un ballet. Comme pour la musique de Jocari, seuls les plus patients verront ce miracle de la nature. Denis Zorgnotti

Magic rpm
Ode à la patience et la longueur des jours, In The Healin Hands of Time distille une paix sourde et cotonneuse. Le filet de voix se déploie dans l'air comme une poussière en suspension, faisant vibrer la rétine aux endroits où perce la lumière. Ces illuminations fugaces, ce sont des choeurs racés, plantés bien droit dans des fondations d'équerre. Ou une guitare acoustique qui sent la cire d'abeille et les gammes minutieuses. Mais au-delà de ce travail de fourmi rigoureux, la musique de Jocari ménage uneepart de ténèbres, au coeur même de son après-midi d'été. Une petite ville, une île, des gens de tous les jours - et comme dans les romans de Stephen King, il y a au fond des granges une obscurité fascinante. La lutte entre l'ombre et la lumière va accentuer les caractères, la nuit est plus captivante, et la journée, plus sociale. Se perdre, se sauver, c'est alors un mouvement de balancier continuel et l'album semble plutôt se résoudre à l'engourdissement et la douceur. La boue dans les flasques se décante, le duvet de poussière atténue la violence de couleurs. L'heure qui avance rend l'ensemble du paysage - l'éclat du jour mêlé aux ténèbres - tiède et transparent. Marie daubert

Octopus
Plus que toute autre, c'est l'ombre du grand Mark Kozelek qui plane sur l'ascétisme de The Healing Hands Of Time, deuxième effort du singer songwriter indé - et jusqu'à l'os - Jocari. D'une lenteur abreuvée au plus profond des troubles mentaux d'un Alan Sparhawk (Low), l'introductif "Inflammable" étire ses quelques sept minutes au son d'une américana de funérailles, là où son successeur "The Lost Waltz" ravive la douleur d'une plaie ouverte au couteau, le sang encore frais d'Elliott Smith sur la lame, pour trois cent soixante secondes d'angoisse d'avant l'orage, d'avant le Xanax. Un harmonica apporte une lueur d'espoir, certes ténu, sur "The Fall Guy", traversé d'un rayon de lumière amoureux de David Lynch qui ne dure pas. Cette brève étincelle d'optimisme passée (en huit minutes tout de même), elle se voit étouffée par le radicalisme des trois morceaux suivants, d'une sécheresse minimale que ne renierait pas Katamine, autre secoué du bulbe dont l'écoute prolongée peut occasionner des dommages irréversibles au plus près de l'intime.

Les Inrocks
L'Auvergne, plus que jamais place forte d'un folk clair-obscur. "La France, c'est l'Auvergne avec un peu de terre autour", disait Pompidou. Depuis que Cocoon a officiellement épinglé l'Auvergne sur la carte de l'americana, plus une semaine sans que l'on y découvre un merveilleux héritier de Johnny Cash, Neil Young ou Bonnie Prince Billy. On se délecte ainsi du folk enfantin de l'adorable Zak Laughed, des mélodies solennelles de Jim Yamouridis, de la beauté fragile de Sushi Power ou des trésors de bienfaits de l'écurie Kütu Folk (St. Augustine et le bouleversnat Delano Orchestra notamment). On n'a pas oublié non plus la pop mélancolique de Paloma, préhistoire de cette scène : c'est sans doute là que Fabien Larvaron, membre déchu, prit goût à ce songwritting patraque mais généreux, sous influence Elliot Smith ou Big Star. En solo, c'est un genre insidieux de pop poverta, de saudade rurale aux intentions plus vastes que celles du commun des cow-boys éclopés et guenilleux (on pense à Gastr Del Sol, sans Sol, à Red House Painters, sans Red) que Jocari murmure depuis Saint-Menoux, Allier. Sans le sou, mais avec ingénuosité et tendresse, Jocari tente ainsi des arrangements qui, d'habitude, arrivent ici exsangues après leur traversée capricieuse de l'Atlantique. Mais tout cela semble une fois encore si naturel, si organique, si apaisé que l'on finit par se demander s'il n'existe pas un passage secret entre les monts d'Auvergne et les Appalaches. Jean-Daniel Beauvallet

Le point étudiants
Deuxième album pour ce groupe, après "Intimacy Ruins" paru en 2005. Humble mais soigné, plein de douleur et de douceurs dans les harmonies et les arrangements, cet album s'apparente à un voyage dans les vastes plaines du folk, ou plutôt du folk auvergant. " Cette fois-ci c'est l'été, les fenétres sont restées ouvertes et malgrés les volets clos, un peu de lumière a filtré." Cet album est tout simplement excellent... envoutant

Popnews
Son premier album, "Intimacy Ruins" est sorti en 2006. Et il avait mis tout le monde d'accord. On le comparait déjà aux meilleurs songwriters américains. Sur ce nouvel effort, on comprend que tout était justifié. Les mélodies se fondent aux rythmes et sursautent à peine, comme prises par une force invisible. La pesanteur s'abat sur elles, les plaque au sol et les roule dans la terre. Seule une discrète boîte à rythme antique vient souffler la poussière qui les recouvre alors. On entre dans un pays différent de tout ce qu'on a connu jusqu'à présent. Les choeurs battent la campagne et la voix de Fabien règne en maîtresse. "Inflammable" donne le ton et on y respire agréablement, la guitare laissant un peu de silence à chaque temps de la partition. Une note de clavier vient ensuite donner le départ de "The Lost Waltz", comme pour indiquer à l'auditeur qu'il change de piste. Précaution nécessaire, tellement le disque est homogène, et empli d'une lumière palpable. Et c'est là toute sa qualité, celle de ne pas sombrer dans un dark folk imperméable. Un titre comme "The Fall-Guy" rappelle même des sonorités du "Talky Walky" de Air, "Alone In Kyoto" en tête, l'ère du numérique en moins. Sur chaque morceau, on se laisse entraîner par une douce brise, qui évolue vers une fin annoncée, mais toujours longue à se dessiner, prenant le temps d'emporter avec elle, à la force des harmonies, quelques instruments sur son passage, quelques clappements de mains et résonances électriques. Il y a donc en France un monde parallèle, un monde qui rassemble la quintessence de l'héritage américain. Celui des cow-boys, des grands espaces et des songwriters inspirés. Cela tombe bien, je n'avais pas encore arrêté ma destination pour mes prochaines vacances. A ma grande surprise, ce sera l'Allier. "Beachwood, Isle of Ré", j'y ai déjà bronzé. Judicaël Dacosta

Supercoin
Il n'est pas forcément nécessaire de prendre un billet pour l'Arizona ou pour l'Ohio afin de s'abandonner aux joies et à la solitude des grands espaces. Enfiler chemise à carreaux, boots poussiéreux, casquette défraîchie et s'allonger aux bords des champs de blé la tête pleine de musique folk aussi alanguie que possible ça se pratique aussi en France, en Allier par exemple. C'est Jocari qui en apporte la preuve avec In the healing hands of time, son deuxième album, une très belle réussite d'americana, de slowcore, de folk intimiste. Derrière le manche on trouve Fabien Larvaron forcément seul aux commandes, qu'on imagine plus enclin à partager ses morceaux avec les taupes ou aux murs de sombre chambre. Certain on toutefois pus le voir avec Paloma ou Pelican Crossing. Sur une première écoute on est agréablement anesthésié par Inflammable dont les arpèges minimaux sont joliments arrangés avec plusieurs pistes de voix harmonieuses qui compensent leur côté sombre par le chaleur du grain. Mark Kozelec et ses Red House Painters en grand frère. Le côté envoutant d'In My Dark Room fonctionne aussi à merveille; à la croisée du folk, du blues et de Mazzy Star. Un harmonica plane en arrière-plan. On se laisse au début un peu endormir par le reste mais ce serait dommage d'en rester là puisque The Lost Waltz avec son petit côté Elliott Smith est une belle réussite, The Fall-Guy contient une belle partie de guitare et des sonorités de vibraphone évoquant Gastr Del Sol et The Last Dram, tout en longueur comme tout les titres de l'album d'ailleurs, termine idéalement la rêverie. Pour chipoter on peut trouver Beachwood, Isle of Ré un poil trop sinistre (en tout cas l'office de tourisme de l'île de Ré sera d'accord avec moi) mais c'est tout. Jocari en est à son deuxième album et c'est une vrai réussite de folk rural en apesanteur. Faîtes de beaux rêves. Raphaël

Ondefixe / benzine
Tout près de l'Asso de Gens Normal, webradio dédiant sa cause à l'éclairage public de quelques artistes discrets, le label Les Disques Normal trace son petit chemin parallèle, délivrant au compte-goutte quelques pages de musique placées sous le signe de la sincérité. Il y a deux ans, Fabien Larvaron alias Jocari dévoilait pudiquement les ruines de son intimité. Aujourd'hui, le temps aidant, le bonhomme s'est retapé (il le dit bien, In the healing hands of time), quelques rais lumineux éclairent sa musique qui avance lentement mais sûrement, toujours aux confins d'une folk boisée, délicate et intime, qui ne laisse jamais pour compte les harmonies vocales joliment ourdies. Cousine gauloise de quelques références américaines d'un genre mené par Mark Kozelek ou Elliott Smith (The lost waltz, ne serait-ce pas un petit clin d'oeil aux valses magiques échappées de XO ?), sa musique fait évidemment la part belle aux guitares, à une voix qui semble avoir gagné en assurance, à quelques timides éléments rythmiques et à des arrangements soignés, bien moins dépouillés qu'ils n'y paraissent de prime abord. Ainsi voit-on poindre plus que sporadiquement des traits de claviers tamisés, de clarinette timorée ou de banjo discret, qui viennent élégamment habiller ce tableau honnête et sans déguisement. Sébastien Radiguet

Froggy's delight
Le Jocari, vous connaissez tous sans doute. Le principe est simple. On attache une balle de tennis à un élastique, lui-même relié à un socle, et il ne reste plus qu'à taper dans la balle comme un dingue avec une raquette en bois. C'est drôle et ludique, c'est fatiguant, ça va vite, ça part dans tous les sens et ça peut même s'avérer dangereux. En quelques sortes, le jocari, c'est le squash avant l'heure, le squash populaire, le sable et le soleil, les enfants et les cocards aux yeux, la joie et la bonne humeur. Jocari, le groupe ici présent, est l'antithèse de ce sport et se retrouve, dans l'esprit, aussi éloigné de ce sport que la belotte coinchée peut l'être du ski de descente. Finalement, le seul point commun entre le sport de raquettes et le groupe du même nom, c'est le sentiment d'en sortir détendu, lessivé, serein, ne rêvant que d'un long sommeil bien au chaud sous la couette avec son doudou favori. Lent, froid (mais chaleureux), tendu, sombre, triste voilà qui pourrait plus précisément qualifier la musique de Jocari. Mais ce serait néanmoins insuffisant. Car la musique de Jocari, sorte de folk folle qui s'étire sur de longues plages (seulement 7 titres sur l'album), guide aussi l'auditeur dans un monde de rêverie, de contemplation. Les nappes de guitares acoustiques accompagnent la voix, douce, dans un périple sonore presque chamanique. Voyage sonore pendant lequel il ne faudra pas s'effrayer de quelques rencontres surprenantes, comme cette sorte de cornemuse sur "The lost waltz" ou cette ambiance particulièrement sombre, mystique, presque gothique de "Beachwood isle of Re" avec une touche mi Labradford, mi Walkabout en plus et le spectre de Bonnie prince billy jamais très loin, bienveillant. Un disque qu'il faut prendre le temps d'apprivoiser, au risque de vouloir s'en débarrasser avant la fin de la première écoute. Prendre son temps, comme les musiciens de Jocari le font en installant doucement leur univers, se laisser aller et ne pas refuser cette invitation au voyage ... Même si l'absence de destination connue peut effrayer au départ. Sensations garanties sur ce In the healing hands of time qui marque brillamment ce début d'année. Détail qui mérite d'être signalé, Jocari est un groupe français, auvergnat pour être précis, qui confirme après Cocoon que Murat n'est plus un cas isolé.

M la music
Enfin un disque d'ici qui commence comme le superbe "San Francisco" d'Amirican Music Club ("Inflammable") et qui tient souvent la dragée haute à Red House Painters ou Swell ("The Lost Waltz"). Ce folk rural nourri à l'americana (Palace, Smog, L'Altra) vient bien d'une zone rurale, mais non pas d'un des cinquante états des USA, mais de chez nous, de l'un des quatre-vingt-dix et quelques départements français. Le trosième en fait : l'Allier. L'artisan de ces mélodies tourneboulées et tourneboulantes s'appelle Fabien Larvaron, déjà auteur d'un "Intimacy ruins" en 2005, nous prouve ici en à peine six titres, qu'il a de quoi hanter nos nuits de rêves mélancoliques, notamment lorsqu'il nous fait visiter les endroits les plus sombres de son repaire ("In my dark room"). Lentes, sombres et désespérées, les chansons de Jocari sont poignantes. De quoi devenir fou à lier en moins de deux de ces pépites qui n'ont été que trop longtemps confinées dans une cave humide et froide, et n'attendent plus que de prendre la lumière. On a presque envie de dire : "trop beau pour être français" mais l'Auvergne nous a déjà donné un chantre des neurasthénies campagnardes en la personne de Murat, alors pourquoi pas un second ? Jean-Marc Grosdemouge

Indiepoprock
Après la pluie, le beau temps : tel pourrait être le sous-titre du second album de Fabien Larvaron, alias Jocari. On ne sait pas si c'est lui qui va mieux ou si c'est nous, mais on aperçoit un brin de lumière qui s'échappe du superbe "In The Healing Hands Of Time". A se demander si Saint-Menoux ne possède pas quelques vertus thérapeutiques ... Sur les six titres de "In The Healing Hands Of Time", Jocari réussit à côtoyer de nombreux ténors d'Outre-Atlantique en matière de folk mélancolique. Dès les premières notes d'Inflammable, on retrouve les atmosphères acoustiques de Jocari. Mais cette fois-ci, on ressent comme une forme d'assurance supplémentaire, la part belle étant donnée à une interprétation centrée sur une voix poignante et introspective ainsi qu'à une guitare lointaine. Sur cette dernière, Jocari exécute de nombreux motifs répétitifs qui s'imposent sur la longueur : accords galopants sur The Last Waltz et arpèges minimalistes sur The Last Dream. Autant d'éléments qui font pencher le songwriting de Fabien Larvaron vers une certaine forme de plénitude ambiante. L'errance continue avec Beachwood, Isle Of Ré, où la voix de Jocari se fait plus grave ; la composition s'étoffe d'une boîte à rythme neurasthénique et d'une guitare slide lointaine. Alors qu'il partait de rien ou presque, In My Dark Room progresse rapidement vers un morceau d'une infinie richesse, où se côtoient banjo, mélodica, et clavier ambiant. Tandis que The Last Dream se termine, Jocari conclut "In The Healing Hands Of Time" avec un joli pied de nez, qui finirait presque par nous arracher un sourire. Un comble... Ce deuxième superbe album de Jocari semble indiquer que slow-core se soit définitivement exporté dans le centre de la France. On se souvient encore lorsqu'on l'avait découvert Fabien Larvaron pour notre rubrique Autoproduits. Il parlait alors d'arrêter la musique. Espérons que d'ici là quelques morceaux puissent encore prendre vie à Saint-Menoux ...Mathieu

Autres directions
Extension de la webradio Association De Gens Normal, Les Disques Normal s'échinent désormais à promouvoir des artistes confidentiels (et perpétue en outre la tradition de la faute de syntaxe) dans la pure tradition de l'Internationale Pop, tel Jocari, déjà hauteur d'un premier album Intimacy Ruins en 2006. Aussi Fabien Larvaron, depuis le fin fond de l'Allier (autant dire un no man's land musical) se présente tout autant comme un ermite de la pop boisée qu'en esthète de l'arpège cristallin. Bâti autour d'une simple guitare munie de quelques effets, agrémenté d'une discrète instrumentation (essentiellement un harmonica et une boite à rythme rachitique) et porté par le chant atemporel du bonhomme, In The Healing Hands Of Time s'étire paisiblement aux confins de la pop et du folk.

Les longues compositions (pas moins de 5 mn 30 chacune !) de Jocari sont une ode à la retenue, une révérence devant la simplicité. En effet pas besoin de forfanterie ni de fioriture, pour que le sens de l'écriture de Fabien Larvaron (déjà croisé autrefois au sein de Paloma) brille de tous ses feux, comme sur The Lost Waltz, formidable épopée mélancolique au pays des grands espaces (à croire que l'Allier condense l'aridité de l'Arizona et la douceur des paysages du sud de l'Irlande). Celui qui affiche sa modestie comme d'autres leur arrogance peut se réjouir de marcher dans les traces des grandes références du style (des gais lurons comme Elliott Smith, Mark Kozelek ou encore Ron Sexsmith), tout en parvenant grâce à sa sincérité à emmener ses compositions bien au-delà de ces références. denis

A découvrir absolument
Jocari n'est pas le style d'artiste qui nous ferait mourir, s'employant à nous saper le moral en combinant la pauvreté de nos vies et l'idée même que de toute façon tout cela ne sert à rien. Jocari nous ferait mourir mais de jalousie tant l'homme suplante ses contemporains, réssussitant même l'âme d'Eliott Smith car chez Jocari non seulement on ne meure pas, mais on redonne vie, comme le cycle des saisons fait son office sur la végétation de nos campagnes. Jocari c'est à la fois la mousse douce que nous humons l'automne venu aux pieds des grands arbres aux feuilles colorées, mais c'est aussi un champs de blé à peine moissonné. C'est un petit matin au reveil quand la chambré de la veille a depuis longtemps rendue sons âme, mais c'est aussi le soir venu quand l'âme du feu renaitra pour nous rechauffer mais aussi pour nous éblouir. La neurasthénie est laissé à l'entrée du monde Jocari, l'homme est riche et il sait dépenser pour ne pas faire envie, il s'endimanche quand on l'imaginerait en guenilles, il ne fait pas semblant il ne sait pas. Ces chansons folk sont grandes par la taille, grandes par la puissance de l'évocation et par l'absence de ostentation polluante. Regarder le taureau d'Elliott Smith gambader sur the lost waltz est pour moi le plus beau spectacle depuis le sourire béat d'un enfant dans une chorale. Le taureau y est triste car son ami est mort, mais avec Jocari il retrouve le haut d'un pavé qu'il voyait d'un mauvais oeil, ayant probablement tué cet ami. Il ya de la tristesse dans tout cela, mais comment ne pas trouver en elle l'occasion de devenir meilleur et de grandir. Quand un homme tombe Jocari le ramasse, il lui offre une soupe et lui dit que tout au bout la ligne est la même pour tout le monde, et l'homme à terre se relève. La tradition orale est respectée, on prolonge le plaisir de parler car dans ce monde l'écoute est d'or. Jocari est l'enfant de Mark Hollis, l'enfant de Swell, le digne descendant d'une phratrie qui ne finira jamais de nous dire que debout l'horizon est parfois dégagé, mais qu'allongé la perspective est très belle surtout dos à la terre. Finalement ces chansons sont simplement magnifiques. Grandiose.

Viva la popa
Le 1er disque français reçu en ce début d'année 2008 mais le 2ème pour Jocari, le projet solo de Fabien Larvaron (1er lp : "Intimacy Ruins" en 2005). Un folk mélancolique se dégage du début à la fin, une voix/chant un peu à la Ellioth Smith parfois, en anglais, toujours, et une ambiance boisée à la guitare acoustique et triste donc. Très planant et agréable, un titre comme "The Fall-Guy" se rapproche des atmosphères développées par des artistes comme Swell ou Red house painters sur une durée de plus de 7 minutes. A écouter le soir afin de trouver le repos...

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