Posted on Feb 9, 2009
Les textes que tu m'as fait lire confirment la haute opinion que j'ai de toi.
"Chacun sa mer" est d'une époustouflante richesse, suivant, il est vrai, le même type de "structure" que "Tristan" : vrai poème déguisé en faux récit, que d'ailleurs tu sembles abandonner en cours de route, sans que cela n'aie nulle importance, tant ce qui compte ici, c'est la richesse des images et des émotions fortes qu'elles véhiculent.
"Le colonel suspicieux" est une veine qui me parle moins, très contemporaine, souvent proche de l'écriture automatique, mais même ici, je reconnais ta griffe : un souffle, un sens éblouissant de l'image, du mot, du rythme. De plus, j'ai tendance à penser -ai-je tort ?- que c'est avant toutes choses un texte de scène, qui ne prend que sur les planches sa véritable dimension. À chaque instant, à chaque phrase, j'imaginais l'ampleur que tu pouvais lui donner sous les feux de la rampe. Te voyais l'incanter, le susurrer, le vociférer.
Mais je dois dire que le texte qui m'a le plus bouleversé, ce sont les poèmes tunisiens ; c'est probablement là que tu es le plus nu, le plus vrai, comme si confronté au dépouillement des paysages, tu te dépouillais toi-même de tes masques.
Une amie blogueuse -Amel Zmerli- a mis ce texte en lien après que je lui eus transmis le site et, si tu m'y autorises, je vais bientôt faire de même. Nous nous reverrons très bientôt pour reparler de cela et de tout le reste.
J'ai pu écouter les textes tunisiens. Grandiose.
Surprenant aussi le nombre de "voix" que tu possèdes. Par contre, pas pu accéder à la vidéo du Colonel par manque de logiciels adéquats. Mais tes explications passionnantes. Pense que c'est un texte à voir sur scène, incarné par ta forte présence et ton sens de l'incantation, avant de le lire, et non l'inverse, car c'est sur les planches qu'il prend toute sa dimension.
Quoiqu'il en soit, si le coeur t'en dit, je maintiens que moi y'en a vouloir toi dans '"Insurrection Poétique !" (mouvement) et dans "Cracheur de mots" (festival).
Admirativement déférent Pascal
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