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TCHOUMIRA, ou l'Hymne à l'oisiveté
(par Chadwane Bensalmia) TELQUEL
24 heures, c'est le temps qu'il a fallu à Darga pour écrire Tchoumira, titre phare de leur prochain album. Une chanson dansante aux faux airs de fanfare, bien partie pour devenir l'hymne d'une génération.
Malek Rafi et Mohamed Oubiz, respectivement bassiste et vocaliste de la formation, se retirent dans une chambre. Quelques minutes plus tard, ils reviennent dans le salon : "Ecoutez ça, les gars". Ils ont trouvé le son, le refrain et le titre d'une chanson. "Tchoumiraaaa, Tchoumiraaaa...". Trois notes paresseuses qui, placées l'une à côté de l'autre, sonnent comme un grognement, mi-fatigué mi-dégoûté, un soir de chaleur estivale.
Du placenta au Parlement
Ce soir-là, Malek et Oubiz ne quitteront leur QG de fortune qu'après avoir écrit le dernier couplet du morceau. "On tenait notre thème. Mais il n'était pas seulement question du chômage dans sa définition économique. Par Tchoumira, on voulait évoquer un étatd'esprit, un mode de vie dans notre société. Le vide, l'inactivité, le manque de perspective. Le chômage peut-être économique, intellectuel, émotionnel, politique et sexuel aussi", lance Malek. La généralisation est d'autant plus justifiée que ce même été, L'Boulevard venait de se faire éjecter des locaux de la FOL (Fédération des oeuvres laïques). Plus de locaux, plus de musique. Et plus d'espoir. Darga, comme le reste de la scène, perdaient leur dernier espace de liberté. "On s'est dit qu'on devait raconter une histoire générique. La nôtre et celle de chaque Marocain", poursuit le bassiste. Et l'histoire commence à la naissance, "à l'hôpital de Sidi Bennour.
Le médecin et l'infirmière cherchent à se faire offrir un petit-déjeuner. Pendant ce temps-là, dans un lit sans draps, à peine venu au monde, je meurs déjà de froid...". Trois couplets plus tard, le nourrisson est devenu un homme. Il a trente ans et n'a toujours pas trouvé sa voie. Il prend sa décision : "Demain, J'irai m'écrouler devant le Parlement". En 24 heures, les Darga avaient écrit et jeté les bases musicales du morceau, entre la basse et la batterie. Petit à petit, les autres instruments allaient suivre : percussion, guitare, clavier, mais un ingrédient manquait à la sauce. En 2005, la formation n'avait pas encore accueilli sa section cuivre (Khalil Nemmaoui au saxo, et Steph Bézier au trombone). Avec Tchoumira, le besoin en devenait pressant, ce morceau ne pouvait vivre qu'avec un son "fanfaronnant". Sur le premier brouillon, ils s'étaient d'ailleurs amusés à détourner des accords de l'hymne national pour les placer en intro. Ils y renonceront très vite. "Le plus dur était de scénariser la musique au rythme des paroles, un thème pour chaque couplet et, surtout, trouver les bonnes transitions. Avec l'expérience de notre premier album, on avait également compris qu'on ne pouvait pas tous jouer en même temps". Un morceau dans la veine et l'esprit de l'album The Wall des Pink Floyd...
Une gueulante enragée envoyée à la face d'un système étouffant.
BRIAN BETHKE, Sep 24, 2008:
Check out "The glass album"@
http://www.virb.com/brianbethkemusic/music/albums/69052
And if the music moves you
BRIAN BETHKE, Aug 21, 2008:
Hi glad to meet you . LoOk for new songs soon on virb from up and coming album "AUBURDEEN"